Vote électronique

Vote électronique – la fin discrète de la démocratie?

Pourquoi les risques et dangers encourus avec le vote électronique (erreurs, fraudes, surveillance) dépassent plusieurs fois ceux du vote par correspondance? Habituellement, les problèmes technologiques ainsi que le risque des outsiders (hackers) sont au centre de l’attention. Cependant, ce qui est beaucoup plus important, c’est le risque des initiés et le fait que le vote électronique transforme les structures étatiques de la Suisse de façon radicale.

Le vote électronique transfert le contrôle entier de nos votations et élections des 5.2 millions d’électeurs (du Souverain) et des 75’000 membres élus des 2’500 bureaux de vote à quelques centaines de cadres, fonctionnaires et experts anonymes qui ne sont pas élus, et qui sont arbitrairement choisis et échangés par les fournisseurs et gestionnaires des systèmes. En cas de résultats serrés, chacun des 3 centres de vote électronique peut renverser un résultat fédéral – sans que le Souverain puisse le remarquer. Le projet de réforme proposée par la COI vraie démocratie peut remédier à ces problèmes.


Vote électronique – la fin de la démocratie? – Info8 10.8.12 – Présentation (allemand)
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Risques du vote électronique – Edgar Huwiler IT JSD LU et Roger Burkhardt – Radio Sunshine 10.8.12:

 

L’état actuel du vote électronique en Suisse

Le vote électronique, dans le cadre des projets pilotes, à été testé depuis 2003. Le 11.03.2012, douze cantons y ont participé avec environ 116’000 électeurs. Ce sont environ 2.2 % de l’ensemble des 5.2 millions d’électeurs. Pour la votation fédérale du 22.09.2013, le Conseil fédéral a admis les tests les plus volumineux avec le vote électronique.

L’objectif déclaré des essais pilotes est d’introduire le vote électronique pour tous les électeurs Suisse à l’étranger et à l’intérieur. Les cantons de Genève et de Neuchâtel admettent déjà des électeurs de l’intérieur au vote électronique.

En 2007, la chancelière de la Confédération, Annemarie Huber-Hotz, estimait les coûts liés à l’introduction du vote électronique à l’échelle nationale à environ 600 millions de francs. Les estimations récentes du Conseil fédéral et de la Chancellerie fédérale sont beaucoup plus faibles – mais sont calculées différemment et, lié au manque de responsabilité, ne sont pas nécessairement plus fiables.

Les centres du vote électronique à Genève et Zurich hébergent tous les autres cantons qui participent par des contrats d’hébergement. (Neuchâtel n’héberge pas d’autres cantons, mais ce système est intégré au Guichet unique.) Par conséquent, les cantons hébergés perdent leur contrôle sur le dépouillement de leurs propres votations et élections. Les votes sont exclusivement dépouillés à Genève et à Zurich. À notre avis, une telle centralisation représente un grave risque de sécurité.

 

Les arguments principaux des partisans

Une partie des Suisses de l’étranger critiquent la fiabilité de la poste. Il y a eu des cas où le matériel de vote renvoyé n’est pas arrivé à la commune ou trop tard. C’est un des problèmes que nous aimerions résoudre en collaboration avec les Suisses. La COI vraie démocratie a des idées comment nous pourrions résoudre ce problème sans utiliser le vote électronique.

Pour les personnes expérimentées à l’usage des ordinateurs, le vote électronique est plus confortable que le vote par correspondance ou par l’urne. Les partisans espèrent que le confort va augmenter le taux de participation. Par contre, les expériences des essais pilotes montrent que le taux de participation, après une augmentation temporaire, s’est inversé en territoire négatif.

Le confort est une épée à double tranchant. Dans une démocratie directe, l’étude soigneuse des projets et programmes politiques, n’est-elle pas la majeure partie du travail des électeurs, pour ne pas se laisser monter en bateau? Est-ce que le confort ne va pas plutôt nous mener dans la superficialité et le consumérisme? Tendance: «J’ai vu cette tête pendant des semaines sur des panneaux au bord de la route „Un/e pour tous“ – la devise sonne bien je l’élis clic, clic et prêt.“ L’augmentation du confort, ne mène-t-il pas à une augmentation du danger que les électeurs soient manipulés? Ceci nous semble être des questions essentielles.

 

E-Banking et E-Voting en comparaison

De nombreux électeurs sont déjà habitués à utiliser l’E-Banking. Celui-ci semble être assez sûr. C’est pourquoi, avant tout, les gens qui ne sont pas des informaticiens présument que la sécurité de l’E-Voting puisse être également garantie. C’est une conclusion fausse. La différence fondamentale entre les systèmes E-Banking et E-Voting devient visible en comparaison des exigences essentielles:

Exigences essentielles des systèmes
E-Banking E-Voting
1. Assurer la transparence et la traçabilité:

  • L’E-Banking et l’E-Voting doivent rendre possible la traçabilité et la vérification de toutes les actions:
  • Des systèmes E-Banking doivent enregistrer méticuleusement celui qui a exécuté quelle transaction et quand.
  • Des systèmes E-Voting doivent enregistrer méticuleusement, qui a voté quoi ou élu qui et quand.
  • Si la connexion est interrompue, le système doit redémarrer le processus au bon endroit etc.
OUI OUI
2. Sauvegarder l‘anonymat des électeurs et le secret du vote:

  • Seulement les systèmes E-Voting doivent rendre impossible la traçabilité de toutes les actions.
NON OUI

Voilà, le problème: les systèmes E-Voting doivent rendre possible et impossible, en même temps, la traçabilité de toutes les actions. C’est épineux et ce conflit des objectifs n’est pas résolu.

Des équipes informatique internationales diverses ont essayé en vain, de résoudre ce conflit des objectifs. (Une équipe informatique du Parti Pirate Suisse voit une chance de trouver une solution théorique. Ils ont rédigés un papier scientifique, mais ils n’ont pas construit un système E-Voting qui peut résoudre le conflit des objectifs.) Les exigences essentielles restent incompatibles.

Cela a de graves conséquences: l’anonymat des électeurs et le secret du vote (LDP Art. 5 Al. 7) ne sont pas sauvegardés envers les initiés (initiés) dans les trois centres Suisse du vote électronique. Les initiés ont tous les données dans leurs systèmes. Cryptés ou non n’a pas d’importance. Les initiés peuvent tracer tout et surveiller tout le monde.

 

Comparaison des systèmes de vote

Une comparaison du vote par correspondance avec le vote électronique démontre, pourquoi les risques principaux de l’E-Voting ne sont pas liés au domaine technologique:

Système Vote par correspondance
Vote électronique
Organisation 2’500 bureaux de vote de nos communes et villes 3 centres de vote électronique à Genève, Neuchâtel et Zurich
Personnel 75’000 députés des bureaux de vote, qui sont élus par le peuple, qui sont connus dans leurs communes, et qui jouissent de la confiance de leurs électeurs. (En moyenne 30 personnes par bureau de vote.) 300 fonctionnaires et experts, qui ne sont pas élus par le peuple, qui sont inconnus dans les communes, et qui sont arbitrairement choisis et échangées par les fournisseurs et gestionnaires des systèmes. (Approximativement 100 personnes par centre du vote électronique.)
Séparation démocratique des pouvoirs Séparation horizontale, verticale et fonctionnelle des pouvoirs. Abrogation de longue portée de la séparation des pouvoirs, c-a-d concentration étendue des pouvoirs.
1. Séparation horizontale des pouvoirs Fédéralisme
Délégation horizontale des pouvoirs entre les membres autonomes d’une confédération.
Centralisme
Concentration des pleins pouvoirs auprès des autorités centralisées.
2. Séparation verticale des pouvoirs Principe d’aide (subsidiarité) et système de milice: Le peuple gouverne, les instance centrales aident et servent (démocratie). Principe de règne et système des professionnels:
Règne des experts et de leurs patrons (oligarques). Des instances centrales gouvernent, le peuple sert (néo-féodalisme).
3. Séparation fonctionnelle des pouvoirs Équilibre des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Concentration des pouvoirs auprès de l’exécutif, de l’administration, des experts et de leurs patrons.

Le vote électronique transforme les structures étatiques de la Suisse de façon radicale en violant le principe le plus fondamental d’organisation de notre état : la subsidiarité (le principe d’aide). La constitution fédérale, dans l‘Art. 5a, exige pour une bonne raison, que „l’attribution et l’accomplissement des tâches étatiques se fondent sur le principe de subsidiarité“.

Subsidiarité (lat. subsidium = aide) veut dire, que les pouvoirs étatiques doivent, autant que possible, être séparés et exercés dans une façon auto-déterminée et auto-responsable par les échelons les plus locaux qui collaborent entre eux : c-ad les électeurs, les familles, les associations, les administrations, les bureaux de vote, les communes etc.

Des institutions centralisées, comme le Conseil fédéral (subsidiarii = équipes d’aide, pas autorités), doivent exclusivement exercer des fonctions subsidiaires (lat. subsidiarius = servir pour aider et compléter), qui ne peuvent pas être exercées plus efficacement sur un niveau plus local et décentralisé.

Le respect du principe de la subsidiarité garantit une séparation des pouvoirs au plus haut degré – ce qui est l’Alpha et l’Oméga de la démocratie directe. Par conséquent, le vote électronique n’est pas seulement dangereux, mais anticonstitutionnel, car son organisation extrêmement centralisé s’oppose de façon diamétrale au précepte de la subsidiarité (CF Art. 5a).

 

Comparaison des risques

Une comparaison des risques révèle encore plus clairement pourquoi le potentiel de dommages (par erreur, fraude et surveillance) du vote électronique est supérieure d’un multiple et peut être décisif lors des votations et élections fédérales:

Risques Vote par correspondance
Vote électronique
Transparence, contrôle, nouveau comptage OUI
Des nouveaux comptages (ODP Art. 11) sont garantis.
NON
Nous ne pouvons pas recompter les résultats.
Potentiel des dommages par erreurs, fraudes et surveillance FAIBLE: < 10’000 de votes
La grande majorité des bureaux de vote gèrent moins que 10’000 votes. Ce nombre relativement faible de votes est dépouillé par une équipe entière des personnes élues. Attention: À cause des nouvelles exigences de la Poste etc. des failles de sécurité artificielles ont été introduit.
MONUMENTAL: > 1.7 millions de votes
Dans chaque centre de vote électronique ce nombre colossal de votes est géré par seulement 100 personnes non élues et inconnues, ce qui représente un risque monumental.
Incitation à manipuler FAIBLE
Haute risque de découverte et rendement insignifiant (par moyen moins que 10’00 de votes par bureau de vote). L’incitation à manipuler est faible.
ENORME
Risque minimal de découverte et un rendement colossal (votation ou élection fédérale). L’incitation à manipuler est énorme.
Risque des outsiders FAIBLE
Les équipes des bureaux de vote, qui sont en train d’ouvrir et dépouiller les vote lors du dimanche de la votation, découvrent avec haute sécurité l’intrusion des personnes non autorisées dans leurs locaux.
HAUTE
Il est difficile, voire impossible, de découvrir l’intrusion électronique d’un hacker dans un système informatique (E-Voting). Voir „Failles de sécurité technologiques“ ci-dessous.
Risque des initiés FAIBLE
Les 2’500 équipes des bureaux de vote travaillent selon le principe du double contrôle. Il est impossible de corrompre ou extorquer une majorité décisive des 75’000 députés.
EXTREME
Une poignée de personnes clefs opèrent dans le secret (non-transparence totale). Les risques de corruption, d‘extorsion, d’infiltration, d’espionnage etc. sont extrêmement élevés.

Les initiés (c-a-d les fournisseurs et gestionnaires des systèmes E-Voting) refusent aux électeurs de prendre connaissance des internes du système, en leurs renvoyant aux risques des outsiders (hackers). Les initiés argumentent que si les internes étaient connus par les électeurs, cela permettrait aux hackers de pénétrer, saboter et manipuler les systèmes E-Voting. Pour cela, les électeurs devraient rester dehors devant la porte. La devise des initiés: personne ne doit voir nos cartes car sinon les pirates attaquent. Par leur argumentation douteuse (les hackers peuvent tout de même surmonter des obstacles de sécurité, voir ci-dessous), les initiés, dans certains circonstances, diminuent légèrement les risques des outsiders, mais maximalisent les risques des initiés.

À cause de la maximisation du risque des initiés, une seule personne clef (qui est corrompue, extorquée, infiltrée etc.) peut déclencher le pire des cas, c-a-d renverser un résultat fédéral. Un talon d’Achille tellement évident est tout simplement une invitation à des pouvoirs étrangers à l’extérieur et à l’intérieur (le crime organisé, les organisations terroristes, militaires, services secrets etc.) d’attaquer les faiblesses des personnes clefs et d’infiltrer leurs agents dans les centres du vote électronique.

 

Failles de sécurité technologiques

Les risques technologiques encourus avec le vote électronique sont surtout et dangereusement sous-estimés avant tout, par les non-informaticiens.

Le matériel informatique et les logiciels télécommandables des fabricants étrangers (Intel vPro, Windows 10, etc.), ne mettent pas seulement en question la sécurité entière du vote électronique, mais aussi la protection de données dans tous les domaines (à cet égard, nous nous référons à Edward Snowden et l’affaire NSA).

Pourquoi les meilleurs experts informatique du monde sont aussi parmi les critiques les plus influentes de l’E-Voting?

Richard Stallman (fsf.org, mit.edu), co-inventeur du système GNU/Linux et le „Steve Jobs“ du mouvement mondial du logiciel libre, nous met en garde expressément contre le vote électronique.

Une équipe d’informaticiens guidée par professeur J. Alex Halderman de l’Université de Michigan pourrait pirater le système E-Voting de Washington DC en peu de temps et se procurer le contrôle sur le serveur de vote. L’équipe de Halderman pourrait changer chaque vote et ouvrir toutes les urnes secrètes.


Hacking the D.C. Internet Voting Pilot – October 5, 2010 by Professor J. Alex Halderman

 

Le hacker à gages Genevois, Sebastien Andrivet, a prouvé que le système de vote électronique de Genève est manipulable. A cause de cela, la résistance contre la pseudo-démocratie par clique souris se forme aussi en Suisse.


Le hacker à gages Sebastien Andrivet a prouvé que l’E-Voting de Genève est manipulable – RTS

 

Pourquoi de nombreux pays ont-ils interdit l’E-Voting?

Avec vue sur l’impossibilité d’empêcher les risques, l‘Allemagne, l‘Autriche, l‘Irlande, les Pays Bas et beaucoup d’autres pays européens ont déclaré la votation électronique comme anticonstitutionnelle et l’ont interdite.

La Cour constitutionnelle fédérale allemande a clairement constaté que les élections et votations sont publiques et par conséquent doivent être accessibles et vérifiables par toute personne – sans connaissances spécialisées. La vitesse du dépouillement est insignifiante et pour cela n’est pas un critère pour le bon déroulement d’une élection ou d’une votation.

Le rapport OSCE Election Assessment Mission Report 2011 met en évidence des failles de sécurité graves du système Suisse et demande plus de transparence.

 

Conclusion

Les gens qui votent ne décident rien. Ce sont ceux qui comptent les votes qui décident de tout. – Joseph Staline

Cette citation de Staline dégage l’essentiel de l’ensemble du débat. Si le vote électronique signifie la fin de notre démocratie et le commencement de la dictature, alors la perfidie est, que nous ne pouvons même pas découvrir le fait que nous avons perdu notre liberté et nos droits de co-décision, car tout est fait en secret.

Avec le vote électronique, nous perdons le droit de vérifier nos résultats. Si nous ne pouvons plus garantir le dépouillement correct de nos votes, tout le reste devient insignifiant car sinon, tout cela est juste un immense théâtre. On va se demander pourquoi les électeurs ont voté de telle façon – où on avait entendu partout, que la majorité a eu l’opinion contraire. Tout de même, la majorité perd l’élection ou la votation. Les médias vont claironner: „Le peuple a décidé!“ Et si vous osez le douter ou le critiquer, on va vous demander de respecter „la volonté du peuple“ et de vous taire.

Pourquoi devrions-nous encourir un tel risque extrême? Parce qu’il est plus confortable?

À notre avis, nous devons à aucun prix, abandonner notre contrôle du processus du dépouillement de nos votes. C’est l’affaire politique la plus importante. Nous vous prions de nous aider a abolir le vote électronique ainsi que de remédier aux possibilités de manipulation des votations par correspondance.

 

Appendix

Les Simpsons et le vote électronique: Quand Homer Simpson s’aperçoit que le système E-Voting est manipulé, il crie: «Ceci ne peut pas arriver dans les grandioses États-Unis, en Ohio peut-être, mais pas aux États-Unis!»

Des dessous politiques: Lors de l’élection présidentielle en 2004, John Kerry était en tête de George Bush. Et puis le système E-Voting de l’entreprise DieBold («meurs audacieux») de l’État d’Ohio fournissait le résultat décisif en faveur de Bush. En 2003, Wally O’Dell, le président directeur général de „DieBold“, écrivait dans une lettre à des officielles des républicains en Ohio, qu’il soit engagé d’aider l’État d’Ohio, à faire passer ses votes au président Bush. Ainsi Ohio 2004 est devenu la Floride 2000, où George et Jeb Bush, selon la devise «DieBold», se sont imposés contre Al Gore.

Les conséquences? La guerre contre la terreur et contre nos droits fondamentaux (le général Wesley Clark: l’organisation armée terroriste État islamique est une création des États-Unis et de leurs allies), la guerre contre l’Afghanistan (bien que le FBI n’ait aucune preuve pour une liaison entre Oussama ben Laden et 9/11), la guerre contre l’Irak avec plus d’un million des morts (bien que Saddam Hussein n’ait rien à voir avec 9/11 et l’alarmisme autour de ses armes de destruction massive alléguées était un mensonge insidieux pour justifier une autre guerre d’agression), une surveillance orwellienne et manipulation mondiale faisant boule de neige et ne s’arrêtant pas au vote électronique etc.

 

Dangers encourus avec les initiatives et les référendums